Paris - Nice 2016

C’était assurément la plus dure des courses au soleil que j’ai eue à courir. On n’a quasiment pas vu le ciel bleu de la semaine. Il a plu dans le Massif Central et surtout on a eu le vent de face tous les jours pour descendre dans le midi. Le Morvan nous a cassés d’entrée avec les bourrasques et le froid. Après, il y a eu ce long transfert jusqu’à St Etienne où l’on a pris la flotte dans le Pilat. J’avais prévu une longue journée dans le Massif Central vers Valence mais au Tracol on était tellement transi de froid qu’on a dû basculer prématurément sur Annonay. Dans la vallée du Rhône, comme les rafales de vent du sud nous abrutissaient, j’ai improvisé une étape dans le Vercors pour limiter la casse. Le summum de l’inhumanité fut atteint jeudi vers Sisteron dans les Baronnies. On était scotchés comme des rats dans les gorges du Toulourenc à 15 km/h sous l’œil pervers du Ventoux, les mecs commençaient à s’agacer. Lorsqu’on a enfin basculé vers 18 heures à la Pigière, un long contre-la-montre s’est enclenché dans la vallée du Jabron. On roulait alors à 40 km/h avec toujours le vent dans la gueule mais c’était beau de rallier Sisteron juste avant la nuit. Vendredi, il a plu vers Aix mais le vent nous a parallèlement offert une trêve. Une fois dans le Var, la course était pliée même si on a dû serrer les dents jusqu’au bout. Sur la côte méditerranéenne, le trafic est toujours démentiel donc il fallait rester vigilent. C’est seulement sur la Promenade, après 1000 kilomètres, qu’on a pu savourer.

C’est incroyable de pouvoir me dire ce matin que j’ai bouclé quatre Paris - Nice ces sept dernières années. En soi, cette course est la moins dure des courses par étapes d’une semaine que j’ai eue à affronter dans ma carrière mais la météo de la fin de l’hiver l’a rend toujours extrêmement difficile. Tu te bats davantage ici contre les mauvaises conditions climatiques que contre toi-même. J’ai une relation spéciale avec Nice. En 2010, c’était une très grande émotion de finir seul sur la Promenade des Anglais. J’étais allé de Paris à la Riviera sans le moindre transfert en dix jours. En 2011, j’avais confirmé en attendant le Dauphiné et le Tour. Après, j’ai préféré courir en Espagne au printemps, plutôt que de me faire massacrer ici par le mauvais temps. Mais lorsque j’ai intégré mon nouveau team en 2013, les mecs m’ont branché tout de suite sur l’idée de faire une course par étapes ensemble en France. J’ai naturellement pensé à la course au soleil. Et c’est comme ça que mon histoire avec le Paris - Nice a repris. Je remercie les gars qui se sont battus comme des chiens toute la semaine pour que l’on puisse arriver ensemble ici, après mille kilomètres. J’aimerai revivre cette expérience avec eux à l’avenir, ici ou ailleurs, qu’importe !



  • Les étapes :

27/03/16 : Cosne sur Loire (58) - Sauvigny le Bois (89), 115 km

28/03/16 : Sauvigny le Bois (89) - Dijon (21), 122 km

29/03/16 : St Etienne (42) - Bourg lès Valence (26), 130 km
Col de la République 1161m - Le Tracol 1030m

30/03/16 : Bourg lès Valence (26) - Valence (26), 122 km
Col de Tourniol 1145m - Col des Limouches 1086m

31/03/16 : Orange (84) - Sisteron (04), 130 km
Col de Macuègne 1068m

01/04/16 : Sisteron (04) - Aix en Provence (13), 138 km

02/04/16 : Les Issambres (83) - Les Issambres (83), 125 km

03/04/16 : Les Issambres (83) - Nice (06), 113 km

 

  • Total : Paris (75) - Nice (06) par Sauvigny le Bois (89), Dijon (21), St Etienne (42), Valence (26), Sisteron (04), Aix en Provence (13) et Les Issambres (83), 994 kilomètres parcourus et 5 cols escaladés en 8 jours !

 


Chargement des images ...
loading
Km 108, Avallon (89) Km 152, Semur en Auxois (21) Km 330, Sarras (07) Km 350, Tournon sur Rhône (07) Km 407, Col du Tourniol (26) Km 435, Col Jérôme Cavalli (26) Km 540, St Léger du Ventoux (84) Km 578, Col de Macuègne (26) Km 791, St Tropez (83) Km 994, Nice (06)
© Thierry Bientz - 2019 © Code & Design by LBIE