Genève - Nice

La route des Grandes Alpes est selon moi l’une des courses les plus exigeantes en Europe car elle n’offre aucun répit du Léman à la Méditerranée. Je voulais la faire depuis longtemps mais je ne trouvais jamais le bon créneau. Sur cette traversée des Alpes françaises, j’ai shunté la Colombière, les Aravis et l’Izoard pour aller chercher de nouvelles montées en impasse qu’ils me manquaient.

Au final, je pense avoir fait une course au moins aussi difficile que la course officielle avec 842 kilomètres et 24 cols en sept jours. Sortant d’un break après la Vuelta pour récupérer de mon début de saison, je n’avais pas de grandes jambes au départ de Genève. J’ai monté d’entrée très fort les Gets avant de caler dans les 20% du Mont Chéry. Sous la pluie, la roue arrière patinait, cela me rappelait les grands moments de solitude de l’Angliru ou du Zoncolan. Je n’étais ensuite pas à la fête dans Joux Plane.

Cela ne s’est pas amélioré le lendemain vers Bourg St Maurice. Avec la canicule, j’étais mal dès Megève. Cela s’est aggravé dans les Saisies. La chaleur diminuant en haute montagne, j’ai commencé à trouver la bonne carburation vers Roselend, puis surtout le troisième jour dans l’Iseran. J’ai même déposé des professionnels de Dubaï avant le lac du Chevril tellement je caressais les pédales.

Mais j’ai essuyé un terrible retour de manivelles sur la quatrième étape dans le Galibier par manque de foncier en montagne. J’ai compris à ce moment-là que le réservoir était vide et que j’allais devoir me battre avec les moyens du bord jusqu’à Nice. Ce que j’ai fait sans jamais m’affoler, même si je n’ai jamais monté aussi lentement Vars le cinquième jour.

Pour assurer le lendemain, je me suis contenté de la Cayolle plutôt que de la Bonette ou d’Allos suivi des Champs. Il faisait 40 degrés lors de l’ultime journée en vallée du Var avec le vent de la mer dans la gueule pour finir. J’ai donc souffert jusqu’au bout. C’est vrai qu’en finissant sur la Promenade des Anglais, épuisé, avec toutes ces fleurs en mémoire du carnage du 14 juillet, je n’étais pas aussi heureux qu’à la fin d’un Paris-Nice...



  • Les étapes :

25/07/16 : Genève - Cluses, 119 km
Col des Gets 1172m - Mont Chéry 1533m - Col du Ranfolly 1658m - Col de Joux Plane 1691m

26/07/16 : St Gervais les Bains - Bourg St Maurice, 112 km
Col de Megève 1113m - Col des Saisies 1650m - Col de Méraillet 1605m - Cormet de Roselend 1968m - Les Échines Dessus 1328m - La Croix 1610m

27/07/16 : Bourg St Maurice - Fourneaux, 123 km
La Savonne 1771m - Col de l'Iseran 2770m

28/07/16 : Fourneaux - Croix de Toulouse, 115 km
Col du Télégraphe 1566m - Col du Galibier 2646m - Col du Lautaret 2058m - Croix de Toulouse 1962m

29/07/16 : L'Argentière la Bessée - Super Sauze, 114 km
Champcella 1150m - Col de Vars 2109m - Super Sauze 1705m

30/07/16 : Méolans Revel - Puget Théniers, 149 km
Col de la Cayolle 2327m - Châteauneuf d'Entraunes 1274m - Sauze 1314m - Les Selves 1349m

31/07/16 : Puget Théniers - Nice, 110 km
Auvare 1095m

 

  • Total : Genève - Nice par St Gervais les Bains, Bourg St Maurice, Fourneaux, L'Argentière la Bessée, Méolans Revel et Puget Théniers, 842 kilomètres parcourus et 24 cols escaladés en 7 jours !

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Km 156, Col des Saisies (73) Km 187, Lac de Roselend (73) Km 299, Col de l'Iseran (73) Km 408, Col du Galibier (73) Km 529, Col de Vars (05) Km 842, Nice (06)
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