Paris - Nice 2010

  • 15/04/10 : Paris - Vincennes - Charenton le Pont - Maisons Alfort - Villeneuve St Georges - Montgeron - Vigneux sur Seine - Draveil - Soisy sur Seine - Evry - Corbeil Essonnes - Ormoy - Mennecy - Fontenay le Vicomte - Ballancourt sur Essonne - Baulne - La Ferté Alais - Guigneville sur Essonne - Boutigny sur Essonne - Milly la Forêt - Moigny sur Ecole - Courances - Dannemois - St Germain sur Ecole - Cély en Bière, 110 km à 22km/h


Moins d'un an après ma victoire dans le Tour de France, me voilà de retour à Paris ! Depuis ce fameux 18 juin 2009, tout a radicalement changé dans le sens que je suis maintenant devenu un homme du Tour, que j'appartiens à cette espèce rare d'être humain ayant déjoué les pièges de la plus grande course du monde. Mais depuis ce fameux 18 juin 2009, rien n'a pourtant changé dans le sens que je suis toujours le même homme, passionné de cyclisme avant tout, fréquentant les mêmes personnes, et n'ayant pas attrapé la grosse tête pour un sou. Sur l'échelle de la société moderne, j'apparais toujours aussi inintéressant aux yeux d'autrui qu'avant le Tour. Pas de femme, pas de grosse voiture, pas de bel appartement, pas d'iPhone, pas d'exubérance affichée, je ne suis décidément toujours pas dans le coup pour apparaître comme un produit stéréotypé du 21ème siècle. Mes convictions ne changent pas, mon engagement auprès du cyclisme extrême non plus. Un jour, demain comme dans cinquante ans, je sais que je pourrai me regarder d'en haut en me disant que j'ai mené une existence hors norme. Mais il me reste encore tellement de choses à faire, tellement de cols à gravir, tellement de mythes à renverser. Telle est ma vie. Tel est mon destin. Kaiser Bientz défie Paris - Nice. C'est le gros challenge de ce printemps 2010. Deux ans après Paris - Francfort, la rue Camille Desmoulins du 11ème arrondissement de la capitale est de nouveau le théâtre du départ d'une grande course par étapes. Juste le temps de faire une promesse à mes grands-parents. Amener mon Time Edge Translink dans 10 jours sur la Promenade des Anglais. Paris - Nice peut débuter...

  • 16/04/10 : Cély en Bière - Fleury en Bière - St Martin en Bière - Arbonne la Forêt - Achères la Forêt - La Chapelle la Reine - Amponville - Fromont - Desmonts - Puiseaux - Beaumont du Gâtinais - Bellegarde - Beauchamps sur Huilard - Lorris - Montereau - Gien - St Martin sur Ocre - St Brisson sur Loire - St Firmin sur Loire - Châtillon sur Loire - Beaulieu sur Loire - Belleville sur Loire - Sury près Léré - Léré - Cosne sur Loire, 148 km à 24,5 km/h

Après une première journée de mise en jambe dans l'agglomération parisienne, Paris - Nice démarre réellement aujourd'hui dans le Gâtinais. Je connais les routes par coeur depuis l'an 2000. Ces bouts droits sans relief. Ces champs perdus sans charme. On y passe, on y repasse, mais rien ne vous marque. Range ton braquet, envoie les watts, et tais-toi ! A Gien, au kilomètre 215, je plonge à 60 km/h sur la Loire. Le Paris - Nice a prévu cinq jours de flirt avec le plus long fleuve de France. Un flirt long de 450 kilomètres. Qui dit mieux ? Qui dit pire ? J'arrive fatigué à Cosne sur Loire en début de soirée après six heures intenses de selle. Mon coeur se sert à nouveau. Paris - Cosne, l'axe est momentanément reformé le temps d'une course, le temps d'une vie, qui ne fait que commencer...

  • 17/04/10 : Cosne sur Loire - St Satur - St Bouize - Herry - Argenvières - Beffes - Marseilles lès Aubigny - Cours les Barres - Fourchambault - Nevers - Sermoise sur Loire - Chevenon - Luthenay Uxeloup - Dornes - Moulins sur Allier - Yzeure, 132 km à 23,5 km/h


Au matin du troisième jour, le beau temps s'installe durablement sur l'Hexagone. La course au soleil n'a jamais aussi bien porté son nom. La route de Nevers le long du canal de la Loire est bucolique. Il y a déjà un air de midi sous ce soleil resplendissant. Un vieux cycliste qui a été mécanicien de Jalabert du temps de sa splendeur me double sans coup férir à hauteur de Cours les Barres. Je me mets légèrement dans le rouge pour suivre sa progression. L'homme est sympathique et affable... dès lors qu'on évite de parler du dopage dans le vélo. Toujours la même rengaine. On ne crache pas dans la soupe. Comme ce pollen qui se disperse dans mes narines et gêne momentanément certaines grosses cylindrées du cyclisme mondial au printemps, Alberto Contador en tête ! La moto de Pinto comme son ami Piti Valverde doivent faire l'impasse sur l'Amstel Gold Race demain à cause d'un volcan islandais qui s'est réveillé en même temps que les cendres de l'Opération Puerto. A Nevers, après 60 kilomètres parcourus à un rythme infernal, je m'arrête un instant sur les quais de Loire. Je modifie même le réglage de ma selle car mon genou gauche me fait légèrement souffrir. Je finis en roue libre jusqu'à Yzeure par la même route que le Cély - Ventoux 2005, la course qui m'avait révélé à moi-même et fait naître en moi les rêves les plus fous. Cinq ans après, je suis en train de les réaliser...
 

  • 18/04/10 : Yzeure - Toulon sur Allier - Bessay sur Allier - St Loup - Paray sous Briailles - Marcenat - St Rémy en Rollat - Charmeil - Bellerive sur Allier - Randan - Maringues - St Laure - Ennezat - Chappes - Gerzat - Clermont Ferrand, 111 km à 22 km/h


Me voici en Auvergne après une bonne nuit de repos. Je ressens toujours cette petite douleur musculaire au genou qui sème le trouble dans mon esprit. La courte étape du jour menant à Clermont-Ferrand au pied des volcans va être parcourue à un rythme de sénateur afin de réparer les micros traumatismes de mon corps avant le début des grandes opérations demain. J'ai tracé un itinéraire reposant à l'abri des circulations routières. Ca sent bon les vacances avec cette météo toujours aussi excellente. J'évite le noeud de Vichy où les centres thermaux se succèdent à chaque coin de rue. Avant de sortir de la vallée de l'Allier à Bellerive par une belle bosse de quatre kilomètres. Au sommet, j'entrevois le Puy-de-Dôme et les premiers contreforts du Massif Central. L'horizon prend enfin de la consistance. J'arrive vers 17h00 à Clermont et m'empresse de prendre ma chambre pour récupérer un maximum avant la grande bataille du Massif Central le lendemain...
 

  • 19/04/10 : Clermont Ferrand - Malintrat - Pont du Château - Billom - Estandeuil - St Dier d'Auvergne - St Amant Roche Savine - Ambert - St Anthème - Lézigneux - St Thomas la Garde - St Georges Haute ville - St Romain le Puy - Sury le Comtal - Bonson - Andrézieux Bouthéon, 145 km à 21 km/h


Aujourd'hui, je vais savoir si je suis redevenu l'homme de fer du Tour de France 2009 après un hiver incertain voué à la débauche. Les femmes passent invariablement dans ma vie depuis que je suis en mesure de leur plaire. Elles demandent la lune alors que je n'ai que l'histoire du cyclisme à leur offrir. Comme ça ne les intéresse pas, elles partent pour des hommes menant une existence normale. Normale et sans relief. Le relief justement, il y en a aujourd'hui. Après quatre jours de plaine, on ne peut dorénavant plus se cacher, derrière sa femme comme derrière toute autre subtilité. Aujourd'hui, on entre dans le vrai. Les Monts du Livradois apparaissent face à moi en guise de hors d'oeuvre. Pour les spécialistes, Paris - Nice commence ici à l'abri des regards indiscrets. Les premières bosses sont gravies avec prudence. Je ne fais pas le malin dans les longs faux plats menant au col de Toutée puis au col des Fourches. Ca plonge à tombeau ouvert sur Ambert où je m'arrête un instant à l'ancienne gare pour me désaltérer. Le col des Pradeaux et ses 13,5 kilomètres à 5% de dénivellation moyenne sont le plat de résistance. Elles vont faire office de révélation. La grande bataille s'enclenche rapidement. Je découvre avec stupéfaction que je suis en très grande condition. J'écrase les pédales avec la légèreté d'un aigle. Les Pradeaux sont avalés en une heure. Je redescends rapidement sur St Anthème avant d'enclencher la dernière ascension de la journée en direction de la Croix de l'Homme Mort. Au col, le panorama est superbe sur la vallée de la Loire. Je bascule à bloc vers la ville étape d'Andrézieux. Après 646 kilomètres en 5 jours, me voilà bien installé à la moitié du Paris - Nice...

  • 20/04/10 : Andrézieux Bouthéon - St Just St Rambert - St Genest Lerpt - St Etienne - Planfoy - Bourg Argental - St Marcel lès Annonay - Annonay - Quintenas - St Jeure d'Ay - Tournon sur Rhône - Tain l'Hermitage - Pont de l'Isère - Bourg lès Valence - Valence, 125 km à 21,5 km/h

Cette nuit, j'ai rêvé positif pour la première fois depuis le départ de Paris. J'ai aperçu Nice au détour d'un songe étrange. Il me reste cinq jours à tenir. Le départ a été légèrement arrosé. La bosse non référencée à la sortie de St Just St Rambert m'a fait mal. Au sommet, j'ai enfin laissé la Loire derrière moi avant de basculer sur St Etienne. La capitale du Forez est un passage obligé du Paris - Nice depuis sa création en 1933. Mais une course mythique peut en cacher une autre lorsque, 17 kilomètres plus loin, j'atteins le col de la République, premier sommet franchi par le Tour de France. C'était en 1903, à l'époque où les étapes faisaient chacunes dans les 400 kilomètres. Du vin douteux faisait office d'EPO et des voitures de complaisance n'hésitaient pas la nuit à favoriser l'avancée des forçats de la route. Depuis le début de l'histoire du cyclisme, ce sport est voué à la triche sous toutes ces formes. De Garin à Armstrong, on comprend mieux pourquoi tant d'imposteurs se déclarent innocents le jour où ils se font rattraper par leurs vieux démons. Les miens évoluent loin de la planète cyclisme. Et mon souci actuel se nomme Ardèche, un département piégeur dans lequel je ne me suis jamais senti à l'aise. J'ai d'ailleurs failli y laisser ma vie à plusieurs reprises, étouffé par la canicule en 2005 sur la route du Ventoux, comme congelé par la neige en 2006 à Mézilhac puis en 2009 au Gerbier de Jonc ! Mais aujourd'hui, pas d'embrouille possible lorsque je plonge sur la vallée du Rhône à Tournon. Avant de finir en roue libre jusqu'à Valence. Paris - Nice est en bonne voie...

  • 21/04/10 : Valence - Chabeuil - Peyrus - Léoncel - Oriol en Royans - St Jean en Royans - St Thomas en Royans - St Just de Claix - St Romans - Izeron - Cognin les Gorges - Rovon - St Gervais - La Rivière - St Quentin sur Isère - Voreppe - Fontanil Cornillon, 131 km à 20,5 km/h


Aujourd'hui, c'est mon anniversaire. 27 ans de folie pourrait titrer l'Equipe si le premier quotidien sportif de France s'intéressait à de vrais cyclistes plutôt qu'à des cobayes de la médecine scientifique ! Oui, j'ai déjà 27 ans mais je n'ai franchement rien vu passer depuis les années 2000. J'ai beau avoir parcouru près de deux fois le tour de la Terre seul en dix ans sur ma bicyclette, le temps a fait son effet. C'est pour ça qu'il faut que je me prouve constamment à moi-même que je suis toujours ce petit coureur cycliste réalisant de grandes choses, en plaine comme en montagne, en France comme en Europe ! En parlant de montagne, j'attaque aujourd'hui le massif alpestre par le Vercors. Une journée qui sera rapidement amputée de nombreux cols toujours fermés. La précaution prévaut dans le Vercors lorsque je me remémore ma dernière venue ici. C'était dans le cadre du Tour de France en juin 2009 et j'avais flirté avec le vide dans les gorges de la Bourne barricadées à double tour, tel le mur de Berlin. En parlant de deuxième guerre mondiale, je retrouve dans le col des Limouches cette odeur si caractéristique de résistance. De résistance et de mort. Tellement d'êtres humains sont tombés ici qu'il est encore difficile d'en faire abstraction, même 70 ans après. Arrivé à Léoncel, calé entre le Tourniol et la Bataille, j'enclenche la longue descente vers St Jean en Royans. Je laisse le Vercors derrière moi pour rallier tranquillement l'agglomération grenobloise par la vallée. A Voreppe, lorsque le lit de l'Isère change radicalement de direction, je découvre face à moi les hauts sommets alpins totalement enneigés. C'est un terrible choc visuel comme un immense bonheur intérieur. Je suis de retour aux affaires dans les Alpes...

  • 22/04/10 : Fontanil Cornillon - St Egrève - Grenoble - Echirolles - Le Pont de Claix - Vizille - Séchilienne - St Barthélémy de Séchilienne - Lavaldens - La Valette - Nantes en Ratier - La Mure - La Salle en Beaumont - Corps - Chauffayer - La Fare en Champsaur - St Laurent du Cros - Gap, 147 km à 19 km/h

Après une semaine de baston sur les routes de France, me voilà maintenant au coeur des Alpes prêt pour l'explication finale. Mais la journée commence mal. Sur la piste cyclable reliant Fontanil Cornillon à Grenoble, je tombe sur un feu de voiture qui me contraint à parcourir trois kilomètres sur l'autoroute A48. L'image est cocasse lorsque j'escalade un rail de sécurité pour retomber sur une route plus adaptée à la pratique du cyclisme. Mais je m'écorche sérieusement le mollet gauche dans l'affaire. Le calme ne revient pas dans Grenoble où la chaîne de Belledonne m'écrase encore davantage que la veille. Il n'intervient qu'à Séchilienne, sur la route des grands cols de l'Oisans, mais cela ne dure qu'un instant puisque le col de la Morte se présente déjà face à moi. C'est le plus gros morceau du Paris - Nice : 15,5 kilomètres d'ascension à 6,5% de dénivellation moyenne, un col dans la pure tradition des Alpes où il est impossible de tricher ! La montée se fait en souffrance. Après une heure quarante d'escalade, j'atteins la Cima Coppi de la course à 1370 mètres d'altitude à côté des blocs de glace. Me voici en Valbonnais et le rythme s'emballe dans le col de Malissol avant de plonger sur La Mure. Je tiens toujours la grande condition et ma connaissance du terrain me favorise considérablement sur cette étape terriblement accidentée. Le barrage du Sautet apparaît maintenant comme un adieu à la région Rhône-Alpes. Derrière c'est l'entrée en Champsaur et en PACA. La dernière ascension de la journée en direction du col de Manse s'effectue à l'arrachée à l'ombre du massif des Ecrins. Une fois au sommet, Gap apparaît au bout de la descente comme une délivrance pour mon corps meurtri par près de huit heures de combat...

  • 23/04/10 : Gap - La Bâtie Neuve - Chorges - Rousset - Selonnet - Seyne - Le Vernet - Beaujeu - La Javie - Le Brusquet - Digne les Bains, 110 km à 19,5 km/h

Avant-dernière étape aujourd'hui en direction de Digne par-delà des paysages alpestres à couper le souffle. Cela commence dès Chorges lorsque j'attaque le col Lebraut sous un ciel devenu nuageux après huit jours de grand soleil. Au sommet, le fabuleux lac de Serre-Ponçon se dévoile totalement. Je me noierai volontiers dans ses yeux bleus azur si j'avais un peu de temps à lui accorder. Mais Paris - Nice n'attend pas. Le bas du Lebraut marque l'entrée dans les Alpes-de-Haute Provence et le pied du long col des Fillys par-delà les gorges de la Blanche sur une petite route très mal revêtue. Une fois le sommet atteint, je reviens légèrement sur mes pas puis bifurque en direction de Selonnet. C'est bientôt Seyne, un village typique des Alpes perché à 1200 mètres d'altitude. Les col de Maure puis du Labouret s'enfilent comme des perles de Chine à l'ombre de la Tête de l'Estrop copieusement enneigée pour la saison. S'ensuit alors plus qu'une longue descente vers Digne-les-Bains au terme d'une étape courte mais tout de même marquée par les ascensions de quatre cols. Je suis content de rallier la préfecture des Alpes-de-Haute-Provence après une journée moyenne en termes de sensations. Après neuf jours de course, je commence à ressentir sérieusement l'accumulation des efforts en montagne. Je suis également lassé moralement. Il est temps d'en finir...

  • 24/04/10 : Digne les Bains - Châteauredon - Chaudon Norante - Barrême - Moriez - St André les Alpes - St Julien du Verdon - Vergons - Entrevaux - Puget Théniers - Touët sur Var - Mallausène -  St Martin du Var - Carros - St Laurent du Var - Nice, 160 km à 24,5 km/h


Le départ de cette dixième et dernière étape a été matinal comparé aux journées précédentes. Le TGV 6194 au départ de Nice-Ville en fin d'après-midi ne m'attendra pas donc j'ai décidé de partir à l'aube et de rouler très fort toute la journée pour ne pas jouer avec le timing toujours serré en fin de course par étapes. Le col de l'Orme est rapidement avalé et je bascule dans la vallée d'Asse où je croise à vive allure le petit train Nice - Digne. Mon train à moi est grand, il s'appelle Paris - Nice. Et il reprend de la hauteur passé Barrême lorsque je gravis le col des Robines. Derrière, je plonge sur le Verdon qui lui descend tout droit du monumental col d'Allos toujours fermé fin avril. Il ne fait pas très beau pour cette dernière journée mais qu'importe lorsque je franchis les Toutes Aures, à 1124 mètres d'altitude, le dix-septième et dernier col de la course. Nice me tend maintenant les bras, 100 kilomètres en contrebas, par-delà les dangereuses gorges du Var. La dernière fois que je suis passé ici il y a six mois, un avion de chasse de l'armée kazakhe nommé Alexandre Vinokourov m'avait déposé sans le moindre regard. Mais aujourd'hui, je ne crains pas grand chose de ce point de vue là puisque qu'entre une victoire la veille au Trentin et une autre le lendemain à Liège, Vino doit s'affairer dans sa Ferrari pour effectuer une nouvelle transfusion sanguine qui le maintient à bientôt 37 ans aussi fort qu'avant sa suspension ! Le dopage continue de me dépasser lorsque je traverse les ravissants petits bourgs d'Entrevaux et Puget-Théniers. Les gorges du Cians, de la Tinée puis de la Vésubie viennent s'écraser à tour de rôle dans celles du Var pour ne former plus qu'un à hauteur de St Martin du Var. C'est ici que je quitte la dangereuse N202 pour m'accorder un final en roue libre à l'abri des regards indiscrets. Le souvenir de mes grands-parents est momentanément ravivé. J'ai tenu promesse, je vais ramener dans moins d'une heure mon vélo sur la Promenade des Anglais après avoir bravé tous les éléments depuis dix jours. Et j'en verse une larme. Il parait que ça arrive même aux plus forts, donc ça peut bien m'arriver. A St Laurent du Var, je tombe sur la Méditerranée et bifurque à gauche en direction de l'aéroport. Nice, ça y est, j'y suis, et j'y entre à 40 km/h, à la même vitesse qu'il y a dix mois dans Paris pour l'arrivée du Tour ! La Promenade des Anglais apparaît alors aussi belle que les Champs Elysées. Aussi belle mais autant fréquentée par de caricatures insignifiantes de la société moderne. Mes yeux ne les voient pas, ne les voient plus. Coppi, Anquetil, Merckx, je n'aperçois qu'eux entourés des miens, ces gens qui m'aiment, ces gens qui m'ont rendu si fort. A 27 ans, je décroche ici ma douzième course par étapes et l'incroyable doublé Tour de France - Paris Nice en moins d'un an ! Ca fait beaucoup pour un seul homme, même pour Thierry Bientz...


  • Bilan du Paris - Nice 2010 :


10 étapes seul et sans assistance, 1319 kilomètres parcourus et 13 cols escaladés en 60,72 heures à la moyenne horaire de 21,7 km/h !!!

 


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Km 0, Paris (75) Km 215, Gien (45) Km 355, Nevers (58) Km 386, Moulins sur Allier (03) Km 502, Clermont Ferrand (63) Km 586, Col des Pradeaux (63) Km 674, St Etienne (42) Km 748, Tournon sur Rhône (07) Km 795, Col des Limouches (26) Km 934, Grenoble (38) Km 972, Col de la Morte (38) Km 989, Col de Malissol (38) Km 1050, Col de Manse (05) Km 1082, Col Lebraut (05) Km 1124, Seyne (04) Km 1159, Digne les Bains (04) Km 1210, Col de Toutes Aures (04) Km 1234, Entrevaux (04) Km 1292, St Martin du Var (06) Km 1319, Nice (06)
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