Paris - Nice 2011

Les années se suivent et se ressemblent. Après une saison 2010 hors norme (90 CdF pour 144 sommets), je vise encore plus haut cette année : le triplé Paris Nice - Tour de France - Dauphiné Libéré assorti d'une nouvelle ribambelle de cols ! J'arrive à un stade de mon existence où je n'ai plus de temps à perdre, plus de compte à rendre à qui que ce soit... et je pédale, parfois jusqu'à l'écœurement, à la poursuite de l'histoire du cyclisme ! J'ai trop rongé mon frein pendant des années pour continuer à regarder le temps qui passe et qui me fuit. Je vais avoir 28 ans. Traditionnellement, on dit que c'est le meilleur âge pour un sportif. Parce que l'on arrive au meilleur ratio fougue/expérience, parce que l'on est encore jeune et fort et parce que l'on a tout pour soi. Moi, il me manque encore tellement de choses dans le cyclisme. Je suis de la race des ambitieux insatiables. C'est une maladie incurable qui me force à me surpasser depuis plus d'une décennie dès lors que j'enfourche ma bicyclette. Je me souviens d'une phrase d'un illustre champion : "Les gens humbles ne vont jamais très loin". Je partage le constat, les gens humbles dont je ne fais pas partie ont le défaut de se reposer constamment sur leurs lauriers, de se satisfaire de leur petit train de vie et de contempler l'existence avec des œillères pour ne pas risquer de se faire mal. Je ne suis pas de ceux-là, et si par malheur je le deviens un jour, il sera alors temps de ranger mon vélo au garage et vous n'entendrez plus jamais parler de moi !

2011 s'ouvre donc par un nouveau Paris - Nice. Le départ est donné de Melun dimanche 20 mars. Rapidement, c'est la descente vers Orléans qui s'engage à toute allure à travers la Beauce avec quelques coéquipiers de mon club de Ponthierry-Pringy. Sans relief. Sans charme. Je connais le refrain par cœur depuis 11 ans. Le lendemain, je m'enfonce en Bourgogne sur la route de Cosne sur Loire. Les sensations sont moyennes à la sortie de l'hiver mais le beau temps s'installe durablement sur la France, ce qui m'avantage considérablement dans mes plans de bataille. La troisième étape menant à Moulins sur Allier par Nevers est un classique. Je hume l'air frais d'Auvergne. La quatrième étape entre Le Coteau et Aurec est la première journée vallonnée de ce Paris - Nice 2011. Dans la côte d'Ecotay l'Olme, je suis au supplice, cramponné à la pente tel un taureau en perdition ! Paris - Nice est une exploration quotidienne de nouveaux horizons. La sublime route des Balcons surplombant la Loire entre St Just-St Rambert et Caloire me rappelle que je suis un privilégié. Privilégié d'être en bonne santé et de pouvoir mener à bien mes rêves démesurés. Je serre le poing violemment en arrivant à Aurec après avoir franchi le cap de la mi-course...

La cinquième étape est la plus dure sur le papier de cette course au soleil. Entre le Puy-en-Velay et Villefort, il y a déjà un air de Tour de France qui plane dans l'atmosphère. Évoluant sur un terrain inconnu, je suis en errance totale sur les hauts plateaux des Cévennes balayés par les rafales de vent contraire. Je mets plus de deux heures à franchir le col du Rayol avant de basculer vers Langogne. Les gorges d'Allier m'offre un momentané répit. Mais je souffre à nouveau sur les coups de cul menant au col du Thort. La descente vers le midi est un régal avec ce gigantesque lac de Villefort aux reflets magiques. La deuxième étape du Massif Central est bouclée à 19 km/h avant un transfert à Nîmes. Les trois derniers jours sont courus en région PACA sur des routes que je connais par coeur. Je finis vendredi 25 mars à Pertuis. L'avant-dernière étape dans le Haut-Var menant à Roquebrune sur Argens me fait comprendre que je suis plus ou moins au bout du rouleau. Je n'arrive plus à accélérer dans les bosses et il est grand temps pour moi de plonger sur la Méditerranée. La dernière étape en guise de procession n'en sera rien à cause d'un temps catastrophique sur la côte. Je prends soin de rester debout dans la descente de Tanneron comme ensuite sur les bords de mer entre Cannes et Nice. Je finis trempé de la tête au pied seul sur la Promenade des Anglais après 1035 kilomètres en 8 jours. Cette première course par étapes de l'année, la 17ème depuis mes débuts, me permet de remporter deux Paris - Nice en moins d'un an et surtout de rester en course pour mon incroyable triplé 2011 ! Dans le TGV pour rentrer sur Paris, je regarde le Ventoux en pensant déjà au Tour au France...

 

  • Les étapes :

20/03/11 : Melun - Orléans, 151 km

21/03/11 : Montargis - Cosne sur Loire, 118 km

22/03/11 : Cosne sur Loire - Moulins sur Allier, 134 km

23/03/11 : Le Coteau - Aurec sur Loire, 145 km

24/03/11 : Le Puy en Velay - Villefort, 114 km
Col du Rayol 1240m et Col du Thort 1120m 

25/03/11 : Nîmes - Pertuis, 130 km

26/03/11 : Pertuis - Roquebrune sur Argens, 132 km

27/03/11 : Roquebrune sur Argens - Nice, 111 km

 

  • Total : Paris (75) - Nice (06) par Orléans (45), Cosne sur Loire (58), Moulins sur Allier (03), Aurec sur Loire (43), Villefort (48), Pertuis (84) et Roquebrune sur Argens (83), 1035 kilomètres parcourus et 2 cols escaladés en 8 jours !




Chargement des images ...
loading
Km 152, Orléans (45) Km 238, St Fargeau (89) Km 403, Moulins sur Allier (03) Km 488, Ecotay l'Olme (42) Km 630, Col du Thort (48) Km 737, Cavaillon (84) Km 900, Draguignan (83) Km 1035, Nice (06)
© Thierry Bientz - 2019 © Code & Design by LBIE