Luc en Diois - Aiguebelle

Moins d'un mois après ma victoire sur les Champs-Elysées, me revoilà dans les Alpes pour amasser dénivellation, grands cols et stations mythiques ! Lorsque l'on est grimpeur, le vélo ne s'arrête jamais, surtout l'été réservé aux grandes manœuvres en haute montagne ! Mes épopées dans les plus grandes courses du monde, de Paris - Nice au Tour de France, ont eu le don de décupler ma confiance face à l'histoire du cyclisme. Je n'ai jamais eu un gros moteur, je ne l'aurai jamais. Je n'ai jamais touché à la dope, je n'y toucherai jamais. Mais j'arrive désormais à tirer 200% de mon potentiel grâce à mon mental hors norme. Je me souviens que lorsque j'ai commencé le vélo en 1999, je cherchais juste à en mettre plein la gueule aux autres. Mais avec du recul, la seule personne que j'ai réellement impressionnée, c'est moi-même, les détracteurs s’effaçant tour à tour sans opposer de réelle résistance. Les Alpes ont ce don de grandir les grimpeurs comme d'écraser le reste du monde. Je ne les remercierai jamais assez pour ça...

Chaque jour qui passe m'éloigne un peu plus du commun des mortels, de ce monde formaté à outrance n'acceptant pas les marginaux. Je découvre maintenant les curiosités d'une double vie. Celle d'Ile-de-France que je traverse tel un fantôme se confondant dans la masse. Et celle des Alpes que je survole tel un aigle royal en apesanteur. La perspective de détenir tous les cols alpestres à moins de 30 ans m'effraie également. Comment peut-on gravir tous ces sommets, seul et sans assistance, en vivant à 700 kilomètres de là ? Se lever tous ces matins à 6 heures, s'enfiler 5 heures de train pour se retrouver vers 11 heures face à la montagne, dévaliser tous ces Flunch le soir après une journée copieuse de vélo et dormir dans tous ces hôtels miteux à la poursuite de l'histoire du cyclisme, tel est mon quotidien depuis trois ans ! C'est dans ce rôle que je m'épanouis, que je me sens totalement moi-même. J'ai mis un quart de siècle à comprendre mes aspirations, mon rôle sur cette putain de terre. Le rabaissement ressenti dans ma jeunesse, et même encore parfois aujourd'hui dans mon travail, m'a poussé à devenir le meilleur coureur cycliste possible, à repousser toujours un peu plus loin mes limites, à tel point que les gens n'arrivent plus à mesurer aujourd'hui rmes exploits accomplis. Et c'est peut-être ça ma plus grande satisfaction. De ne plus pouvoir être comparé à qui que ce soit...

La guerre se poursuit ces quatre jours dans le Vercors, le Champsaur et la Maurienne. Ayant retrouvé de la force depuis le Tour, j'ai l'impression de voler par moment sur la pente même si les étapes sont toutes difficiles au quotidien. Je conquiers 17 nouveaux sommets avec l'assurance d'un métronome. Je ne suis ni écrasé par les pourcentages effrayants du Granon, ni par le poids de l'histoire du Galibier ! En gravissant ce dernier, je ressens même l'ivresse des cimes enneigées. Celui-ci n'est pas le col le plus difficile des Alpes mais il est assurément le plus grand, celui qui incarne au mieux la démesure du Tour de France... et par ricochet la violence de mes défis ! Son panorama au sommet laisse pantois. Avec cette Meije qui se déchire à l'horizon telle une étoile filante. Seul sur le toit de mes rêves, l'instant m'appartient. Le Thierry Bientz des Alpes rayonne sur son empire...

 

  • Le parcours : 

09/07/11 : Luc en Diois - Miscon - Lesches en Diois - Beaurières - La Beaume - Montbrand - La Faurie - Aspres sur Buëch, 115 km

10/07/11 : Gap - La Bâtie Neuve - Ancelle - St Léger des Mélèzes - St Jean St Nicolas - Orcières - Orcières Merlette, 110 km

11/07/11 : Briançon - St Chaffrey - Col du Granon - La Salle les Alpes - Le Monêtier les Bains - Col du Galibier - Valloire - Valmeinier, 128 km

12/07/11 : Ste Marie de Cuines - St Colomban des Villards - Col du Glandon - Col de la Croix de Fer - St Sorlin d'Arves - Albiez Montrond - Albiez le Jeune - Villargondran - St Jean de Maurienne - St Avre - Epierre - Aiguebelle, 111 km

 

  • Total : Luc en Diois (26) - Aiguebelle (73) par Gap (05), Briançon (05) et Ste Marie de Cuines (73), 464 kilomètres parcourus et 17 cols escaladés en 4 jours !

Chargement des images ...
loading
Km 003, Luc en Diois (26) Km 026, Lesches en Diois (26) Km 141, Ancelle (05) Km 162, Côte de Serre Eyraud (05) Km 244, Col de Granon (05) Km 285, Col du Lautaret (05) Km 293, Col du Galibier (73) Km 375, Col du Glandon (73) Km 378, Col de la Croix de Fer (73) Km 400, Col du Mollard (73)
© Thierry Bientz - 2019 © Code & Design by LBIE